L'Urbaine Urbanité II 2003
Une Maison de la culture virtuelle et nomade
du 4 au 20 septembre 2003

Vernissage le12 septembre à 16h

Le projet L’Urbaine Urbanité II constitue la suite logique du processus critique amorcé à l’automne 2002 lors de la manœuvre d’art publique L’Urbaine Urbanité présentée sur la future Place Valois situé dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve. Ce projet a suscité une réflexion sur ce développement urbain en voie de réalisation en questionnant les choix commerciaux et résidentiels et ses conséquences, par exemple, la gentrification accéléré de ce quartier défavorisé. Lors de cette manœuvre d’art pubic, trois immeubles voués à la démolition ont été investi par les artistes afin de révéler les transformations rapides du quartier. Cette année, le terrain vague laissé par la démolition du garage Rozon du côté sud-ouest de la place Valois — là où sera construite la Maison de la culture Hochelaga-Maisonneuve — servira de lieu de réflexion et de débats sur la pertinence d’une maison de la culture construite «en dur». Un simulacre de l’immeuble projeté servira de théâtre aux opérations menées par les artistes participants : bureau mobile et conteneurs serviront de salles d’exposition et de projection. Cette maison de la culture «en mou», créée et gérée par les artistes, questionne l’art et sa diffusion populaire face à la rigidité de l’institution officielle. Une maison de la culture coûte plusieurs millions de dollars et elle est conçue par des fonctionnaires, des architectes, des ingénieurs, des contacteurs, des politiciens, mais rarement par des artistes. Sa mission est de permettre la diffusion de la culture aux résidants du quartier mais remplit-elle son rôle auprès des artistes résidants? Le nouveau défi des maisons de la culture actuelles devrait être de favoriser la création artistique dans de meilleures conditions pour rendre possible un réel échange avec la communauté.

Une maison de la culture doit servir de fil conducteur entre l’artiste et le public, elle doit être ouverte à de nouvelles propositions qui visent cette démocratisation de l’art actuellement empêtré dans la modernité spéculative et le post-moderne administratif.

Nous déplorons la disproportion qu’il existe entre les sommes investies dans l’implantation de l’institution et les frais reliés à son fonctionnement par rapport aux cachets versés aux artistes sélectionnés, surtout en arts visuels. Nous déplorons également le fait que les artistes soient totalement exclus du processus de mise en place d’une maison de la culture mis à part du 1% qui est souvent vu et perçu comme un objet de décoration. Nous proposons une redéfinition complète de cette institution qui date des années 1980.

Gilles Bissonnet

Pour en voir et savoir plus au sujet de cette manifestation de L'Urbaine Urbanité II 2003 vous pouvez consulter la section imagerie qui la concerne.